Centre Artistique Les Ménétriers

 

 

Les Jams de L'agora

Entrée libre le Jeudi 20h45 à 00h00

 

Prochaines Jam session :

 

Jeudi 4 Novembre 2010

Jeudi 18 Novembre 2010

Jeudi 25 Novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JAMS à l’AGORA

 

Les jams, évènements traditionnels de la musique jazz, se trouve en grande partie à Paris. Ce reportage va nous mener à Pringy où, l’école de musique locale, par le biais de son directeur, a décidé de pouvoir faire partager ces concerts aux seine et marnais.

 

            Pringy, la ville compte à peine 3000 habitants, ville typique de Seine et Marne s’il en est, la commune fait partie des milliers d’autres anonymes en France. Pourtant, il est un lieu qui tente de se distinguer.

            Jeudi 19 Février, il est vingt et un heure trente. Rue du Lourdeau, la nuit est déjà tombée. La fraîcheur de la saison oblige les gens qui se dirigent vers un bâtiment au demeurant banal, à porter de grosses vestes chaudes. Cette bâtisse qui s’apparente plus à une garderie qu’à une salle de concert, c’est l’Agora des associations de la ville de Pringy. Il suffit d’ailleurs de gravir les quelques marches menant à l’entrée pour se rendre compte que nous ne sommes pas ici dans une boîte de la rue des Lombards : une terrasse couleur terre battue, à moitié inondée, les vitres teintées sont aussi en mauvais état.

            Lorsque les gens franchissent la porte, la décoration n’est guère plus attrayante. Carrelage style couloir d’école, des toilettes de salles de sport face à l’entrée, le lieu est loin du coté New Orléans de certains clubs parisiens. En tournant à gauche, l’ambiance change du tout au tout. Plus besoin de se protéger des fantaisies du mois de Février. Tout dans cette pièce est fait pour réchauffer les corps et les cœurs. Les musiciens, tous groupés sur une petite scène d’environ deux mètres sur six, chauffent déjà les premiers spectateurs par des classiques du jazz comme Watermelon man ou Caméléon de Herbie Hancock.

            On est loin du style Américain du Sunside ou plus bourgeois, old school du Duc des Lombards. Ici le public est attablé à des tables de jardin vertes. Mais, est-ce le plus important ? Ici la plupart des gens se connaissent. Les jazzmen, qu’ils soient saxophonistes, batteurs, guitaristes … discutent, accoudés au bar. Le bar : certainement l’attraction du jeudi soir, en plus de la mus. Les deux serveurs, Thibault et Jean-Michel, pourraient avoir l’air d’excentriques si on les croisait dans la rue. L’un, barbe fournie, menton en avant et grosses lunettes passe son temps avec les billets. L’autre, moustaches impressionnantes à la Salvador Dali fait un peu penser aux photos des poilus s’en allant dans les tranchées en 14. Piliers du lieu, on ne pourrait pas s’imaginer une soirée sans eux. Deux rigolos, à l’humour opposé mais complémentaire. Leur trésor, c’est leur réfrigérateur. Dedans des bières de qualités : Belges, Bretonnes, Chtis… « L’idée s’est d’écouter de la bonne musique en buvant de bonnes bières. » déclare Jean-Michel à qui veut l’entendre.

            De retour sur la scène, première attraction de la soirée, le principe des jams est parfaitement respecté. Tout musicien présent dans la salle, à condition qu’il connaisse les morceaux ou qu’il puisse déchiffrer une partition peut monter sur scène. Une nouvelle fois, sans concurrencer les grands pontes de Paris, le style qui s’impose est l’originalité. Avec des reprises jazz de Highway to Hell ou de La marche de l’Empereur, les gens s’éclatent, rigolent, applaudissent sans compter. Certes on est là, au milieu de musiciens du coin et de passionnés qui n’ont pas besoin d’aller jusqu’à Paris pour s’éclater et vivre leur musique.

           
Léo Lecomte